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Numéro 11 de la série « Traces »

Numéro 11 de la série "Traces"

À paraître la semaine prochaine, voici le numéro 11 de la série publiée par les Archives municipales. De façon inhabituelle, ce numéro est consacré non pas à un thème mais à une personne, en l’occurence Lucien Kroll, architecte sollicité dans les années 80 par la ville d’Alençon pour repenser l’aménagement de l’un des quartiers les plus défavorisés, le quartier de Perseigne.
Autre particularité du numéro : la dominance habituelle des images est ici supplantée par les textes, véritables « héros » de ce numéro. Citations de Kroll, ces extraits permettent de comprendre l’état d’esprit très particulier de l’architecte.

Le graphisme tente de rendre compte de cet état d’esprit hors norme. Les textes sont, par exemple, orientés selon un sens de lecture vertical, obligeant ainsi à faire pivoter l’opuscule pour pouvoir les lire.

L’architecte initiait son travail par l’écoute des habitants. L’illustration de couverture s’en veut l’évocation : en surimpression sur le portrait du personnage, un de ses croquis semble dessiner une forme d’oreille qui fait également penser à la forme d’un point d’interrogation.

Kroll recherchait des solutions architecturales les plus variées possible, persuadé que l’uniformisation joue un grand rôle dans l’inhumanité d’un lieu – et par voie de conséquence dans la violence latente de cet environnement. J’ai traduit cette recherche de la diversité par un fond de couleur différent pour chaque double-page.

L’architecte cherchait toujours à découvrir les parcours et usages instinctifs de la population résidente pour s’en servir de guide dans l’élaboration de ses choix architecturaux. J’ai traduit cette approche par une mise en page où les textes épousent les lignes qui structurent les illustrations ou dessins de l’arrière-plan.

La dernière double-page marque une rupture avec les précédentes. Elle présente en effet les commentaires désabusés de l’architecte, constatant que ses propositions, en n’étant suivies que partiellement, s’en trouvent totalement dénaturées. J’ai exprimé cette différence de contenu de la double-page en rompant avec les caractéristiques majeures des mises en page précédentes : le fond n’est plus en couleur mais noir ; les textes ne sont plus verticaux mais horizontaux, pour traduire que l’originalité de l’approche avait été remise sur les rails conformistes des vues habituelles ; enfin, les illustrations colorées de l’architecte, exprimant sa vision, ont quasiment disparu, n’apparaissant plus qu’en filigrane derrière sa signature, comme un simple souvenir.

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